Tokio Hotel en interview :
"Il faut remercier les fans"

Alors que leur nouvel album Humanoid cartonne déjà dans les
charts, les Allemands de Tokio Hotel sont de retour en France.
Installés confortablement dans un palace parisien encerclé par des
fans toujours fidèles, Bill, Tom, Georg et Gustav nous ont accordé
une interview exclusive malgré un emploi du temps sous haute
tension.
Bonjour ! Vous êtes de retour en France, vous semblez vous
y plaire !
Bill : Oui totalement ! Nous sommes toujours très heureux de venir
ici ! A chaque fois, quand on arrive, on regarde par les fenêtres
de la voiture et on se dit "Waouh, c’est vraiment une
belle ville Paris" !
L’album est n°1 en Allemagne, il a aussi bien démarré
en France. Dans toute l’Europe, les fans sont au rendez-vous
: est-ce un soulagement pour vous ?
Bill : Nous sommes vraiment très contents et très satisfaits !
C’est exactement ce qu’il nous fallait, d’écrire
de nouvelles chansons, de créer de nouveau. Globalement on est très
heureux de toutes les critiques qu’on entend sur
l’album pour le moment.
On parle souvent d’un come-back mais vous
n’avez quasiment pas arrêté entre la fin de votre dernière
tournée et l’entrée en studio : où avez-vous trouvé
l’énergie et la motivation pour enchainer sur ce nouvel opus
?
Bill : En fait on se le demande aussi parfois ! (rires) Évidemment,
parfois on est super fatigués, épuisés, et on n’a pas du tout
envie de se lever. On se dit qu’on a besoin d’une
pause. Mais en même temps, on a besoin de faire de la musique, on a
très envie de sortir un nouvel album, de partager notre
musique… Alors finalement je crois que toute cette énergie
on la puise là-dedans, c’est notre vie, c’est ce qui
nous fait tenir.
La pression et l’enjeu étaient-ils plus forts sur
Humanoid que sur les précédents albums ?
Tom : Pour la première fois, on a vraiment conçu un album avec une
visée internationale, avec une sortie en même temps dans le monde
entier donc forcément on a eu la pression. Avec une seule date de
sortie pour l’album, ce n’était pas évident. Mais on a
vraiment essayé de ne pas penser à ça quand on était en studio, de
vraiment se concentrer sur ce qu’on faisait.
Au niveau du son, on découvre des sonorités un peu plus
électro. Pourquoi ce virage qui pouvait s’avérer risqué
?
Tom : Ca faisait deux ans qu’on n’était plus rentré en
studio, qu’on était sur les routes en tournée. On a donc
voulu essayer d’autres choses, on a bien réfléchi chacun de
notre côté, on a cherché à l’intérieur de nous ce qu’on
avait vraiment envie de faire et au final on a un son élargi. Ce
n’est pas totalement nouveau, c’est toujours nous, en
un tout petit peu différent (sourire).
Quels sont les thèmes et messages que vous avez voulu
aborder ?
Bill : Je ne crois pas qu’il n’y ait qu’un seul
message. Chaque chanson a sa propre histoire, un contenu, et il
n’y avait pas une chose unique qu’on voulait faire
passer. En fait, ce qu’on a vraiment voulu faire avec
Humanoid c’est faire plaisir à nos fans, à ceux qui
allaient nous écouter.
Entre les versions allemandes et anglaises vous
n’avez pas toujours gardé le même thème. Hey Du par
exemple n’a pas du tout la même signification que Hey
You : pourquoi ?
Bill : Oui, c’est vrai. Mais c’est parce que cette
fois, on n’a vraiment pas eu envie de faire de traduction
littérale. On a donc écrit directement dans les deux langues et
même si ça traite du même sujet, il est vrai que dans une version
on a plus approfondi quelque chose qui dans l’autre
n’est qu’une allusion. Il y a donc vraiment deux
versions.
Vous avez continué de travailler avec les producteurs de
vos débuts mais il y a aussi des collaborateurs étrangers et
reconnus comme Guy Chambers ou Ryan Tedder…
Bill : On a voulu avoir des idées neuves. Quand on était enfermé
dans le studio, on voyait déjà l’album un peu comme un film,
on avait des images en tête et on a senti qu’on avait besoin
de quelque chose de nouveau.
Les médias ont du mal à vous voir grandir, à vous sortir de
cette image de groupe pour ados : est-ce agaçant de devoir encore
et toujours prouver votre crédibilité ?
Bill : Là, on commence à devenir vieux, on arrive à un âge où
c’est un compliment d’être pris pour des ados (rires).
Non, on a l’habitude de ça, on fait avec.
Vous vivez sous un microscope où tout est commenté :
changement de tenues, de coiffures, de poids… Y a-t-il eu un
moment où vous avez eu envie de tout plaquer ?
Bill : Oui, c’est arrivé. Parfois, ce que je lis dans la
presse me met en colère, ça me tape sur les nerfs. Vraiment.
Surtout que les gens écrivent souvent sur tout sauf sur notre
musique et c’est ça le pire. Mais il faut se faire une
raison, en prendre l’habitude et essayer de ne pas tout
lire.
Vous avez des millions de fans très dévoués et surtout très
organisés : est-ce une pression en plus pour vous d’être
suivis partout ?
Bill : Cela dépend comment c’est fait. Quand on arrive dans
un pays et qu’il y a des fans qui nous attendent, évidemment
c’est génial. Mais il ne faut pas que ça dépasse certaines
limites. Il y a quelques jours par an -et on peut vraiment les
compter sur les doigts d’une main- où on aimerait avoir notre
vie à nous, notre vie privée. Donc tant que ça ne devient pas trop
envahissant, moi ça me va.
Tom : Mais le soutien qu’on reçoit quand on arrive quelque
part, c’est vraiment fantastique. Par exemple, les fans qui
votent pour nous, qui donnent sans arrêt de leur temps et grâce à
qui on gagne des prix, c’est génial. Pareil pour ceux qui
nous accueillent partout où nous sommes, il faut leur dire
merci.
Il y a une vraie prise de risque sur cet album, que ce soit
au niveau vocal où Bill essaie des choses différentes, mais aussi
avec Georg et Tom qui se mettent à jouer d’un autre
instrument : est-ce une source de stress en vue de la future
tournée ?
Tous : Non !! (rires)
Bill : Tout va bien se passer ! On était en Grèce il n’y a
pas longtemps, on y a fait notre premier mini concert et tout
s’est déroulé à merveille. Tom fait du piano, Georg
s’est mis au synthé et ça marche bien.
Tom : Le piano, c’est parce que j’aime ça mais aussi
parce je sais que ça plaît aux filles ! (rires). Je ne suis pas le
meilleur pianiste évidemment mais ce que je joue, je le joue bien
et ça me plaît.
Bill et Tom : votre succès a-t-il changé votre relation de
frères jumeaux ?
Bill : Non, en privé ça ne se passe pas du tout comme dans le
groupe où je suis plus mis en avant. Quand on est Tokio Hotel, je
suis un peu la star, sur le devant de la scène (rires). Mais en
privé, on n’a pas ce genre de rôles, on n’a pas décidé
que c’était moi le plus important ! Dans un groupe, celui qui
chante est celui qui est devant, mais dans la vie ce n’est
pas comme ça !
Propos recueillis par Carole Bouchard
Source
: http://www.evous.fr/musique/Tokio-Hotel-Interview-Humanoid,8263.html